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jeudi 30 mai 2013

Début des vacances = Marathon de lectures !

  Les vacances d'été, ça a toujours été la période où je soignais ma frustration accumulée de tous les livres que j'aurais souhaité lire et n'ai pas pu lire pendant l'année. Alors vous imaginez bien, les premières années de votre vie de lecteur, ça s'estime à quelques livres. 
  Mais quand on n'a ne serait-ce que 20 ans (ce qui est mon cas), eh bien, ça commence à faire pas mal d'années qu'on a un tas de livres qui attendent. Et plus les années passent, moins on a le temps de lire les exclus de l'année scolaire pendant l'été. Si bien que de tous les livres que j'ai envie de lire aujourd'hui, je sais qu'une vie ne me suffirait pas. Mais bon, lire, c'est faire des choix. Être un lecteur, c'est aussi décider quoi ne pas lire. Nos lectures nous constituent, elles nous façonnent, elles nous changent, et nous orientent plutôt par ici ou par là...
  Je ne sais pas si ça vous fait ça à vous aussi, mais pour ma part, je me décide beaucoup plus facilement à lire un livre que je viens d'acheter, ou d'emprunter, qu'un livre que j'ai acheté il y a des mois ou des années - même si ce dernier me fait très envie. Quand on vient d'entrer en possession d'un livre (je ne me lancerai pas ici sur le débat du "Est-ce le lecteur qui possède le livre ou le livre qui possède le lecteur, ça n'en finirait pas...), on pense beaucoup plus à le lire, on se dit "Oh, je voudrais le commencer tout de suite !" sauf que tout de suite il y a du travail ou le trajet du métro bondé alors on se dit "je le commencerai ce soir !" mais le soir en question on termine ce qu'on a à faire à minuit et c'est déjà le temps d'aller se coucher, alors on le remet au lendemain... et de fil en aiguille, il y a certains livres qu'on a ardemment désiré lire un jour, mais qu'on a rangé dans sa bibli par agacement de voir traîner dans les parages un livre qu'on n'a pas le temps de lire. Et en fin de compte, des années après, on n'a toujours pas lu ce livre, alors qu'on en a lu plein d'autres entre temps, qu'on ne préférait pas nécessairement au livre abandonné, mais qui par hasard se sont retrouvés entre nos mains.
  C'est amusant comme la nouveauté nous attire ! C'est pourquoi parfois, même quand j'ai très envie d'un livre, si je sais que je suis très occupée, je ne l'achète pas. Parce que c'est un de mes plaisirs d'acheter un livre et de pouvoir le commencer aussitôt. Tandis que si on achète un livre et qu'on le laisse attendre, petit à petit on y pense de moins en moins, on s'habitue à ce qu'il soit là, ça devient presque un objet de décoration... et une fois qu'on a le temps de lire, on en lit un autre.
  (Bon, j'exagère un peu hein, ça m'arrive souvent de lire des livres qui sont dans ma bibli depuis longtemps. Ce que je veux dire, c'est qu'à mesure que le temps de l'acquisition s'éloigne, le livre sort progressivement de nos pensées)


Hitchcock, 2012
Trêve de réflexions, ceci est surtout un petit article pour vous dire que je suis en vacances (enfin presque, mes partiels sont finis et la plupart de mes cours aussi), que cet été je passe tout le mois de Juin à Paris, et que par conséquent, je vais en profiter pour lire énormément, et voir des films que j'ai envie de voir depuis longtemps et que je n'ai pas vus jusque-là (les films, ça a l'avantage de se regarder plus vite que ne se lit un livre, on peut rattraper son retard plus rapidement !). C'est ce que j'ai fait il y a quelques jours avec Hitchcock, un film qui porte surtout sur la genèse et la réalisation de Psycho (et j'ai re-regardé Psycho avant du coup, pour l'avoir bien en tête car je ne l'avais pas vu depuis que j'étais gamine, et encore, mes parents ne m'avaient laissée en regarder que des bouts). C'était bien. Anthony Hopkins est génial même si on le reconnaît beaucoup plus que l'impression que m'avait laissée l'affiche, et Helen Mirren l'est aussi comme à son habitude. Un film agréable qui nous en apprend plus sur la vie du réalisateur et sa collaboration active avec son épouse Alma; si vous aimez Psycho, vous apprécierez les scènes qui revisitent le film.


Mon édition des oeuvres
 complètes de Blake :
Norton, the best as ever.
  J'ai une bonne nouvelle (pour moi en tout cas) : j'ai enfin trouvé (enfin presque) mon sujet de mémoire pour l'an prochain ! Après de longues hésitation et plusieurs discussions avec mon futur directeur de recherche, j'ai décidé de me lancer sur William Blake. C'est assez ironique d'ailleurs, car il était sous mes yeux depuis le début. J'avais eu l'un de ses recueils de poésie, les Chants d'innocence et d'expérience, au programme du concours de mon école quand j'étais en prépa, et certains d'entre vous auront peut-être remarqué que le sous-titre de ce blog, "Exuberance is Beauty", est une citation de Blake qui vient du Mariage du Ciel et de l'Enfer. Bref, il était là, sous mon nez, et je cherchais désespérément un auteur avec lequel j'accroche assez pour l'étudier à fond  (les deux plus grands candidats au poste étant Shakespeare et Beckett, et je suis passée très près de faire un mémoire sur Shakespeare mais j'aurais dû prendre un shakespearien comme directeur de recherche, or, j'aurais eu un peu de peine à quitter le mien... mais je n'exclus certainement pas l'idée de revenir sur Shakespeare au cours de ma carrière, loin de là). Bref, je vais relire Blake et réfléchir à un sujet de mémoire, tout en sachant que ça va sûrement pencher du côté de la théâtralité et de la puissance de subversion dans ses poèmes... tout un joyeux programme en perspective !


Voilà voilà, these are the news !
Je compte aussi entamer Trois gouttes de sang (emprunté à Jamestine qui elle-même l'avait emprunté à Matilda, ce livre a l'âme voyageuse), demain si possible, donc j'en ferai une chronique dans les jours qui viennent (il est également temps que je fasse la partie II de mon compte-rendu de l'expo sur les peintres allemands au Louvre), après quoi je pourrai enfin commencer La quête d'Ewilan dont Grazyel me parle depuis des années, et encore après quoi je pourrai enfin lire les Hunger Games, devant lesquels je me pâme d'envie depuis 4 ans.

Keep you posted,
Alacris

mardi 28 mai 2013

Chronique d'Argent brûlé (Plata quemada), de Ricardo Piglia

  "Ricardo Piglia s'empare d'un braquage qui a défrayé la chronique entre septembre et novembre 1965 à Buenos Aires. Il décide d'en faire un roman tant la violence des faits, la puissance des sentiments et la brutalité de la police dépassent de loin la fiction. Bébé Brignone et le Gaucho Dorda, Bazan le Bancal, Malito ou Mereles le Corbeau prennent vie sous la plume avec un réalisme et une vigueur extraordinaires, sur fond d'agitation péroniste et de magouilles politiques"

  C'est malheureusement le résumé le plus accrocheur que j'ai pu trouver et la tâche de composer moi-même un résumé pour une oeuvre aussi dense, complexe, et hétérogène m'effraie, donc j'espère qu'il vous intrigue quand même, et je vais m'efforcer dans cet article de vous faire un lavage de cerveau (gentiment) pour que vous ne pensiez plus qu'à une chose : LIRE CE LIVRE DE TOUTE URGENCE (que les choses soient claires).


  Puisqu'il faut bien commencer quelque part dans ce maelström de merveilleuses impressions de lecture que m'a laissé ce roman, disons que c'est l'histoire de jeunes criminels cockés jusqu'à la moelle, héroïnomanes, bisexuels, emprisonnés à de nombreuses reprises, et complètement dingues et géniaux et révolutionnaires qui décident de braquer une banque pour se faire 7 millions et partir aux Etats-Unis. (So far, so good).

  La narration se fait dans un flux de conscience continu (on est placé à l'intérieur des pensées d'un individu), qui va d'un personnage à un autre. La plupart du temps, on voit ce qui se passe à travers les criminels eux-mêmes qui, plus que des protagonistes, sont présentés en véritables héros. Mais on pénètre également les pensées de personnages mineurs qui ne sont parfois là que pour deux pages et qui vont se faire descendre à la mitraillette quelques lignes plus tard. On voit l'histoire de leur vie défiler, les circonstances... du coup, c'est très humain. 
  Au tout début, on est un peu bloqué par les préjugés vis-à-vis des personnages principaux ; le côté sadique ou masochiste ou incestueux de certains peut freiner l'envie de lire des âmes sensible. Les habitués de thrillers n'auront sans doute pas ce problème. Personnellement, je ne suis pas une grande lectrice de romans policiers, mais quand on m'en conseille un bon, j'adore, et je lis sans être "dégoûtée" ou "choquée" comme peuvent l'être certains. Donc je vous conjure de ne pas vous en arrêter là, car ces personnages qui au début nous apparaissent paumés et à des lieues de nous finissent par déclencher une grande sympathie chez le lecteur, qui reste profondément marqué par eux à la fin du livre. A mesure que l'histoire avance, on en apprend de plus en plus sur leur passé, la façon dont ils se sont connus, les épreuves qu'ils ont traversées... et il y a de nombreux passages, au milieu du vulgaire, qui sont des îlots de poésie.

  Le plan général se présente ainsi : à partir du braquage, les criminels se cachent de planque en planque, où les policiers les retrouvent à chaque fois en raison de hasards qui bouleversent tout ; leur fuite devient de moins en moins assurée, jusqu'à ce qu'ils se retrouvent pris au piège dans un appartement avec 300 policiers qui cernent l'immeuble. S'en suit alors un combat passionnant qui s'étale sur des dizaines de pages et dans lequel je n'ai trouvé aucune, absolument aucune longueur. 

  Comme le disent Les Inrockuptibles sur la 4e de couverture de mon édition, c'est : "Le fait divers élevé au rang de mythe". Ces personnages dissidents, atypiques, anormaux se font les héros de la cause de la liberté contre une société médiocre qui de toute façon est corrompue d'un bout à l'autre (surtout chez les policiers). Ils deviennent le sujet de la haine publique, alors qu'au lieu de se cacher dans la tromperie, ils ont choisi le moyen le plus radical : la guerre contre la société.

  J'aimerais en dire bien plus mais les articles concis sont souvent ceux qui laissent la plus forte impression, et j'ai deux citations que je veux à tout prix vous copier coller afin de vous donner envie de lire ce livre :

"En taule, racontait-il parfois, j’ai appris ce qu’est la vie : t’es dedans, on te brutalise, t’apprends à mentir, à ravaler ta haine. En prison, je suis devenu pédé, drogué, voleur, péroniste, joueur, j’ai appris tous les coups tordus, à casser d’un coup de boule le nez de types qui te font la peau si tu les regardes de travers, j’ai appris à porter un surin caché entre les couilles, à me fourrer les sachets de came dans le trou du cul, j’ai lu tous les livres d’histoire de la bibliothèque , parce que j’avais rien à faire, on peut me demander qui a gagné n’importe quelle bataille, l’année qu’on veut, et je le dis, parce qu’en prison t’as rien à foutre, alors tu lis, tu regardes dans le vide, le bruit que font les pauvres mecs enfermés là te soûle, tu deviens venimeux, tu te remplis de poison comme si t’en respirais, t’entends des branques raconter sans arrêt les mêmes conneries, tu crois qu’on est jeudi, quand en réalité on est à peine lundi soir. Moi, j’ai appris à jouer aux échecs, j’ai appris à fabriquer des ceintures avec le papier argenté des paquets de cigarettes, j’ai appris à baiser ma copine debout dans la cour, à l’heure des visites, sous une espèce de petite tente fabriquée avec un drap, dans un coin. Les autres prisonniers t’aident, si eux aussi ils ont leur femme et leurs gosses et qu’ils doivent se cacher pour tirer un coup, il faut dire que les nanas sont dévouées, elles baissent leur culotte, s’asseyent sur ta queue, pendant que ces ordures d’idiots t’épient, se paient ta tête, rient de voir qu’en est bien couillon, qu’on bande, qu’on a beau être adultes, on peut pas baiser, c’est pour ça qu’ils te coffrent, pour pas que tu puisses baiser, pour ça que tu te remplis de venin, qu’on te met au frais, qu’on t’enferme dans une cage pleine de mecs où personne peut baiser, toi, tu veux et on te brutalise, ou pire, on fait en sorte que tu te sentes comme un mendiant, un clochard, tu finis par parler tout seul, par avoir des visions"

"C'était la police.
La voix leur parvenait déformée, comme une voix de fausset, une typique voix de connard, perverse et autoritaire, étrangère à tout autre sentiment que le plaisir d'humilier. Des types qui crient, sûrs qu'on va leur obéir ou s'effondrer. C'est la voix de l'autorité, celle que crachent les haut-parleurs, dans les prisons, les couloirs des hôpitaux, les fourgons cellulaires qui, dans la ville déserte, en pleine nuit, conduisent les prisonniers dans les souterrains des commissariats pour leur infliger des coups de matraque ou l'électricité"

(Vous n'imaginez pas à quel point je suis heureuse d'avoir trouvé pile mes passages préférés déjà cités sur divers sites, j'aurais peu aimé tout recopier !)

Donc une seule chose à retenir : LISEZ-LE ! En Argentine, c'est déjà considéré comme un classique (sorti dans les années 1990 il me semble)... il existe une adaptation cinématographique mais ceux qui l'ont vue m'ont dit qu'ils regrettaient de l'avoir vue, donc je vous déconseille l'expérience. Quant aux bilingues en espagnol, sachez que la lecture est difficile. J'ai lu un tiers du livre en espagnol, puis, prise dans l'urgence pour une rédaction, je l'ai acheté en français, et j'avais loupé plein de choses avec ma lecture en langue originale. Outre le fait que j'ai un peu perdu de mon niveau en espagnol depuis je ne suis plus en prépa, 1) c'est de l'argentin, 2) il y a beaucoup d'argot, et 3) l'auteur essaie de se placer dans le contexte des années 60, donc... mais il est génial. Vraiment, une très bonne découverte. Excellente lecture garantie !

220 pages, 6,70€

jeudi 23 mai 2013

Le coin ciné : Midnight in Paris, Lincoln, et Entretien avec un Vampire


Fiouuu, enfin JE SORS DES PARTIELS !! (enfin techniquement j'ai encore un oral demain matin mais vu que c'est de l'oral et qu'il s'agit juste de parler anglais avec un bon accent on va dire que c'est dans la poche). Quasiment en vacances donc, si ce n'est les quelques séminaires que je continue de suivre à l'ENS (mon séminaire préféré sur Apollinaire a hélas pris fin...). Pour fêter ça, j'ai donc décidé d'en profiter pour vous faire un petit récapitulatif de films que j'ai vus récemment et qui, je trouve méritent d'être partagés. Ils sont tous les trois célèbres : Midnight in Paris parce qu'en tant que littéraires on ne peut que l'adorer, Lincoln parce que c'est du Spielberg sur Lincoln et que c'est sorti il y a quelques mois et que c'est vachement bien fait (même si vous allez le voir, je suis un peu en désaccord avec l'interprétation d'un ou deux trucs mais bon c'est un choix d'historien), et Entretien avec un Vampire parce que je l'ai enfin vu (depuis le temps qu'on m'en parlait...) et que j'ai bien aimé aussi. Je ferai à nouveau des articles centrés sur un film en particulier à l'avenir pour les grosses révélations, mais comme je vois plein de films dont j'ai envie de parler et que ce blog est censé être un blog littéraire avant tout, on va optimiser un peu de temps en temps.  Place aux films, donc !


Minuit à Paris
"Un jeune couple d’américains dont le mariage est prévu à l’automne se rend pour quelques jours à Paris. La magie de la capitale ne tarde pas à opérer, tout particulièrement sur le jeune homme amoureux de la Ville-lumière et qui aspire à une autre vie que la sienne..."

Gros gros coup de coeur sur ce film !
J'adore Woody Allen de manière générale, mais vraiment, forcément, quand on a une ambiance aussi littéraire... on ne peut que prendre son pied. Gil, le héros, écrivain de notre époque, traîne dans les rues de Paris le soir et aux douze coups d'une horloge, il voit passer une voiture dans laquelle il monte et qui l'emmène droit dans... les années 20, ou "années folles", à l'époque de Hemingway, Fitzgerald, Picasso, Dali... bientôt il y devient accro et passe toutes ses nuits là-bas, découvrant tout un tas de petites anecdotes sur les artistes du passé, auxquels il demande leur avis sur son manuscrit qu'il peine à écrire et auquel il a toujours pensé qu'il manquait quelque chose ; or ce que quelque chose, il va le trouver à Paris, où il veut s'installer définitivement. Le film est hyper drôle (Woody Allen oblige), grand moment d'émotion quand on voit prendre vie tous ces artistes qu'on admire (en plus je ne connaissais pas du tout l'histoire quand j'ai regardé le film donc la surprise n'en était que plus grande, j'ai vu un type qui ressemblait à Fitzgerald je me suis écriée "Aaaaaah mon ami que fais-tu ici ??" (intérieurement bien sûr AHEM). Magnifiques décors et scènes, exactement comme j'imaginais cette époque (c'est ça que j'adore avec Woody Allen, il y a toujours des artistes dans ses films, et c'est toujours du vrai), et les plans de Paris sont très beaux, très poétiques (pour moi qui suis parisienne et qui adore me promener dans Paris, c'était un pur moment de plaisir). Juste une toute petite déception de ne pas voir de scène à l'image de l'affiche du film avec Nuit étoilée de Van Gogh (j'en connais une qui ne me contredira pas...), je croyais qu'il y aurait une scène comme ça et je l'ai désespérément attendue pendant tout le film (cruelle déception), mais à part ça c'était trop bien (avis très constructif n'est-ce pas, rohh j'ai passé la semaine à gratter sur des copies d'examens, j'ai le droit d'être un peu gaga et de juste dire que c'est bien et qu'il faut le voir et que VOILA).

Citation du film, qui m'a faite rire parce que je me suis déjà fait la réflexion et je pense que c'est vrai... en partie. Disons que je pense que c'est vrai dans les moments où on a des doutes sur son écriture :

"Gil: I would like you to read my novel and get your opinion.
Hemingway: I hate it.
Gil: You haven't even read it yet.
Hemingway: If it's bad, I'll hate it. If it's good, then I'll be envious and hate it even more. You don't want the opinion of another writer"




Lincoln
"Les derniers mois tumultueux du mandat du 16e Président des États-Unis. Dans une nation déchirée par la guerre civile et secouée par le vent du changement, Abraham Lincoln met tout en œuvre pour résoudre le conflit, unifier le pays et abolir l'esclavage. Cet homme doté d'une détermination et d'un courage moral exceptionnels va devoir faire des choix qui bouleverseront le destin des générations à venir"

Alors ça, c'était idéal pour mes révisions de civilisation américaine. I-dé-al !

Daniel Day-Lewis (Au nom du père) et Joseph Gordon-Lewitt (les Batman, Inception...) sont géniaux. Bon, Joseph a un petit rôle mais ça m'a quand même fait plaisir de le voir, je ne m'y attendais pas. Mais la performance de Daniel Day-Lewis, bon sang ! Magnifique. La voix de cet acteur quand il fait ses discours... il entre carrément dans la peau du personnage (et pour incarner Lincoln il faut en avoir !), on est transporté. Tommy Lee Jones était superbe aussi dans son rôle de Stevens, qui lui est plus radical et encore plus engagé dans l'abolition de l'esclavage que Lincoln... Honnêtement, ce personnage a la classe. Genre, la classe ultime. Et si vous voyez le film, vous me direz si comme moi vous avez été extrêmement touché par la scène où il rentre chez lui après le vote de l'amendement qui abolit l'esclavage...

"Lincoln: Euclid's first common notion is this: Things which are equal to the same things are equal to each other. That's a rule of mathematical reasoning and its true because it works"

Petit point sur lequel je suis en désaccord avec la perception de Lincoln que donne le film : Lincoln était certainement pour l'abolition de l'esclavage, mais ce n'était pas non plus le héros anti-racisme qu'on a voulu en faire dans le film... ça ne m'a absolument pas dérangée au visionnage, mais enfin c'est juste une question de mémoire collective, pour qu'on s'en souvienne.



Entretien avec un vampire
"San Francisco dans les années 90. Un jeune journaliste, Malloy, s'entretient dans une chambre avec un homme élégant, à l'allure aristocratique et au visage blafard, Louis, qui lui fait de bien étranges confidences. Malloy, subjugué par la séduction de son interlocuteur lui demande, à l'aube, de le faire pénétrer dans son monde, celui des vampires"

Tout d'abord je tiens à préciser que je n'ai pas lu le roman d'Anne Rice, et que je suis loin d'être une grande fan d'histoires  de vampires. Donc je ne savais pas trop à quoi m'attendre, même si ce film m'intriguait depuis de nombreuses années en raison de la présence de Tom Cruise, d'Antonio Banderas et de Brad Pitt au cast.

J'ai bien aimé. Pas adoré, mais bien aimé. Déjà, je pense que j'aurais été plus "dedans" il y a quelques années, ne serait-ce parce que les effets spéciaux de 1994... bon, disons qu'ils ont vieilli (mais du coup ça donne un côté kitsch plutôt marrant au film !). Et je vais dire un sacrilège, mais je me suis un peu ennuyée pendant la première demi-heure de film... jusqu'à ce que Claudia arrive en fait. Ensuite, je ne me suis pas ennuyée une seconde, l'histoire était entraînante, le jeu des acteurs, ultra bon (j'ai d'ailleurs été surprise car je n'adore pas Kirsten Dunst et là je l'ai trouvée vraiment très bien, même si elle était encore enfant et que c'est difficile de juger le jeu d'acteur d'un enfant parce que ça arrive qu'ils le perdent en grandissant...). l'univers construit est séduisant et très bel effort sur les décors une fois de plus (décidément, les trois films sont super bons au niveau des décors). J'aurais bien aimé découvrir quel était le pouvoir de Louis puisque certains vampires ont des pouvoirs spéciaux comme lire dans les pensées (non, je ne citerai pas une oeuvre plus récente qui a copié sans vergogne ce trait), mais j'imagine qu'en fin de compte son pouvoir c'est tout simplement qu'il a gardé ses émotions d'humain et qu'il est le plus humain de tous les vampires... oh et, la fin m'a beaucoup faite rire.

Que des bons films, alors ! Je recommande très chaudement Midnight in Paris pour celles et ceux qui ne l'ont pas encore vu...

Et je tiens également à vous remercier pour vos commentaires sur mon dernier article, que ce soit sur ce blog ou sur Facebook : les discussions qu'il a lancées ont été très intéressantes et très fertiles, et elles m'ont permis de m'ouvrir quelques horizons qui ont l'air bien chaleureux. Je vais aller voguer par là pendant les vacances, quand j'aurai le temps de lire autant que je voudrai...

A bientôt !
Alacris

vendredi 17 mai 2013

Malaise face à la littérature française contemporaine

Clair de lune, tableau venant de cette galerie


« Les grandes démocraties de l’avenir seront peu libérales pour les écrivains »
Apollinaire


Avant toute chose, une petite précision : « démocratie » est à prendre au sens large du terme. Apollinaire n’est pas en train de célébrer la tyrannie contre le pouvoir du peuple (étymologiquement, le sens de démocratie). Par « les grandes démocraties », il entend les grandes sociétés de masse où le technicisme et l’utilitarisme deviennent de plus en plus puissants, jusqu'à dénuer l’individu de toute aura personnelle.


  Apollinaire écrit ça autour de 1916. Il est mort à la fin de l’année 1918, soit en même temps que la première Guerre Mondiale a pris fin, mais il avait une certaine intuition de l’avenir qui, on le voit maintenant, était bien inspirée. Souvent quand je lis l’histoire des écrivains passés, j’en ai des étoiles dans les yeux. C’est d’ailleurs un peu le phénomène qu’on observe dans le film Midnight in Paris : un écrivain de 2010 peut retourner dans le Paris des années 20 et fréquenter Hemingway, Fitzgerald, TS Eliot, ainsi que des peintres comme Picasso, Dali… et pour lui, ils sont devenus des légendes. Alors que pour eux, la vie n’a rien de ce côté légendaire que la critique littéraire et les biographies ont fini par leur prêter rétrospectivement. Pour nous, ce sont des héros. Eux, ce n’étaient que des hommes.
  On a souvent l’impression, à tort peut-être, que c’était mieux avant. En lisant les manuels de littérature on a l’impression que tout coule de source : Rimbaud s’ennuyait ferme dans sa campagne, il s’est procuré des journaux littéraires, a écrit à des poètes parisiens, a rejoint Verlaine, Banville etc., et puis il est devenu le sublime voleur de feu, le Prométhée moderne. Alors que la réalité est toute autre. Et quand on se plonge dans des bouquins très spécifiques d’une époque, on se rend compte qu’il y a une ribambelle d’écrivains oubliés, rangés dans le fonds de tiroir, que même les érudits ignorent. Ces écrivains, ce sont soit les auteurs de best-sellers de l’époque, que tous les gens achetaient bêtement mais dont les écrits n’avaient aucun intérêt ou peu d’un point de vue littéraire, soit des écrivains dont les écrits avaient une certaine valeur, mais qui ont été éclipsés par le piédestal sur lequel l’Histoire a mis certains écrivains qui sont les plus appréciés du mouvement dans lequel ils s’inscrivent (volontairement ou non), et qui étaient tellement brillants qu’ils ont fait tomber dans l’oubli ceux qui étaient bons, mais pas géniaux. Ne serait-ce que Banville, qui dans le milieu des études littéraires est pourtant connu, au moins de nom : sans lui, Rimbaud ne serait pas Rimbaud. Et pourtant personne ne se souvient de Banville.
  Bref, les récits rétrospectifs ont tendance à nous faire croire que tout est allé comme sur des roulettes, et que le destin des écrivains était déjà tracé avant qu’ils n’entament leur chemin littéraire. Il paraît évident que Victor Hugo ait pu publier ses premiers écrits : après tout, c’est Victor Hugo. On réfléchit en termes de destin, au lieu de réfléchir en termes de désert sur lequel construire. Et ça nous induit en erreur.

  Cependant il y a bien un point sur lequel j’envie les écrivains du passé. Je crois que cette citation d’Apollinaire met dans le mille.

  Je suis pour la démocratisation de la culture. Je suis pour le bac et l’université accessible à tous. Je suis pour le fait que, le plus de monde écrit, le mieux c’est.
  Le problème, c’est que j’ai l’impression que la culture ne digère plus ses écrivains. A l’époque d’Apollinaire, tout le cercle littéraire connaissait Mallarmé (mort à peine quinze ans plus tôt) et en faisait soit un père fondateur, soit un père à liquider (complexe d’Œdipe). Bref, on se souvenait de Mallarmé, on s’inscrivait dans une histoire littéraire, qu’on le veuille ou non.  Aujourd'hui, le dernier grand écrivain en date dont on parle, c’est Sartre. Sartre est mort en 1980. Son apogée de situe dans les années 40.

  Ce qui me dérange, c’est qu’on ne distingue plus ce qui est littéraire de ce qui ne l’est pas. N’allez pas me faire croire que Les confessions d’une accro au shopping, c’est de la littérature. N’allez même pas me faire croire que Twilight, c’est de la littérature. Que tous ces écrivains français dont je ne citerai pas le nom et qui sont sur les promontoires des meilleures ventes en lettres majuscules et en affiche dans le RER à côté d’une pub pour McDonald’s, c’est de la littérature. Vous m’excuserez si j’en froisse certains, mais j’ai moi-même un jour (disons, autour de mes douze ans) apprécié ces livres grand public dont les publicités infinies sont assénées au lecteur-consommateur. Or, l’on invective le plus violemment ce qu’on éprouve de la honte à avoir un jour apprécié.

  Le problème du monde moderne, ce n’est pas que la littérature est accessible à tout le monde. Ça, c’est une bonne chose. Le mauvais résultat de cette démocratisation de masse, c’est qu’on offre désormais un bouquin comme un offre un paquet de chocolats. Quand on veut paraître un peu lettré, on offre un Prix Goncourt pour Noël. Les Prix Goncourt, tout le monde les achète. Personne ne les lit.

  Bref, on est pris dans un tourbillon d’œuvres commerciales qui pleuvent de toutes parts, et au milieu de tout ça, on ne sait plus où est la littérature. Ca fait 40 ans qu’on ne sait plus où est la littérature. Au lycée on étudie le classicisme (courant qui n’a jamais existé), puis les moralistes, puis les exoticistes, puis les Lumières, puis les préromantiques, puis les romantiques, puis les parnassiens, puis les décadentistes, puis les modernistes, puis les surréalistes. On dit un ou deux mots de l’absurde. On fait une allusion au Nouveau Roman en disant à quel point c’est révolutionnaiiiire et modeeeerne et tout ça. Oui sauf que le Nouveau Roman c’était dans les années 1950-1960. Un demi-siècle donc. D'accord, ça influence la littérature d'aujourd'hui et d'accord, on n'est pas obligé de mettre une étiquette sur les oeuvres et de les faire rentrer dans un mouvement littéraire pour qu'elles aient une signification - heureusement que non ! -, mais je trouve ça inquiétant de se glorifier du Nouveau Roman comme d'une nouveauté suprême alors qu'il est déjà loin derrière.

  Il y a de bons écrivains en France. Mais ils sont noyés sous la couverture médiatique du médiocre. Et je dois le dire honnêtement, je ne sais pas qui sont ces bons écrivains. Ca fait des années que je ne lis quasiment que du classique. Un peu de littérature jeunesse aussi (merci mon enfance dans les salles jeunesse des librairies). Les écrivains contemporains que j’ai lus, ce sont les meilleures ventes pour lesquelles j’ai assez, je crois, exprimé mon agacement. Ce sont des choses qui se lisent. Ce peuvent même être des lectures sympas. Mais tous ces bouquins-là seront aux oubliettes de la culture d’ici 20 à 30 ans. Ils ne côtoieront jamais Molière, La Bruyère, Rousseau, Musset, Baudelaire, Proust, Gide, ou Beckett dans un manuel de français.

  J’en arrive donc au point où, honnêtement, je ne sais pas quels sont les bons écrivains actuels. Je sais à peine qui sont les bons écrivains d’il y a 20 ans. J’aimerais bien les découvrir, mais par où diable est-ce que je pourrais commencer ? Certes il y a des écrivains géniaux dont les œuvres sont récentes : il y a Perec, il y a Michaux… mais enfin, ces derniers sont déjà considérés comme des classiques ! J’aimerais, pour une fois, trouver un bon écrivain sans avoir à me référer à la liste des auteurs considérés classiques que publient les Grandes Ecoles.
  Et je ne veux pas passer à côté d’un phénomène, comme quand on lit la biographie d’un auteur génial et qu’on voit qu’il a été pauvre et méprisé toute sa vie et qu’on se dit « mais bordel, les gens étaient cons ou quoi pour ne pas avoir remarqué que ce livre était un ouragan ? ».

  J’ai la nostalgie du temps où tout le monde littéraire et artistique de Paris se retrouvait à Montmartre, ou dans le quartier de Montparnasse, ou au Café de Flore à Saint-Germain-des-Prés. Du temps où on pouvait entrer dans l’un de ces cafés et savoir qu’on allait y croiser tel écrivain, qu’il tenait ses quartiers là. Du temps où il y avait des mécènes ou juste des lecteurs éclairés qui conseillaient tel ou tel écrivain après avoir lu son manuscrit. Du temps où il y avait un milieu artistique, tout simplement.

  Aujourd’hui Montmartre est un nid à touristes, Montparnasse est un quartier d’affaires sans poésie, Saint-Germain-des-Prés est un quartier habité soit par des ministres, soit par des stars américaines. J’exagère à peine.
  Certes, les grandes maisons d’édition sont encore implantées dans le sixième arrondissement. Certes, la place Sartre Beauvoir, par son nom, montre les vestiges d’un monde littéraire disparu. Il y a des librairies éparpillées un peu partout dans ce coin-là. Le sixième arrondissement, aujourd’hui, c’est un peu comme ces cathédrales délabrées : le sentiment du sacré demeure, mais la messe est finie.

  C’est fou à quel point on est vite passé au livre de consommation. Le livre qui se dévore, avec supplément fromage et sauce ketchup. Je n’ai rien contre l’expression « dévorer des livres ». En tant que métaphore, elle me plait. En tant que réalité, elle me fait peur.
  Oui, j’ai conscience que ça fait un bon moment qu’on est dans ce régime de lecture, et que j’ai peut-être l’air un peu vaine, à débarquer en 2013, à brandir mes grands drapeaux de sentiment d’injustice et à me battre pour des causes perdues d’avance. Et je ne tiens pas à revenir au temps où, quand on vendait 100 exemplaires (ou même 10 pour certains auteurs), on était assuré que tous les gens lettrés connaissaient ce qu’on avait écrit. Les choses ont changé, le nombre d’auteurs autant que de lecteurs s’est démultiplié. Et tant mieux. Mais alors, à moins de devenir un best-seller, un livre se perd complètement dans la masse, avalé par l’océan de tous les autres. Il y en a tout simplement trop. On ne peut pas tout lire. On passe à côté de belles découvertes ; et c’est dommage.

  Peut-être que le temps des auteurs sacralisés qui ont leur nom d’arrêt de métro et leur statue sur une place publique est mort.
Je ne déplore pas ce changement : le XXe siècle a bouleversé les structures de la littérature : l’auteur a cessé d’être un dieu tout-puissant (il est même mort diront certains, or je ne saurais qu’approuver la mort de l’auteur en tant qu’institution selon la si belle formule de Barthes). L’auteur se fond dans son texte, dissous par sa toile comme une araignée (Barthes encore, décidément) : il est nulle part et partout à la fois, bien plus humain d’une certaine manière. J’ai toujours adoré cette idée de dispersion de l’être dans le monde. Ca me rappelle la fin d’A la croisée des mondes, et c’est bien pour cette raison que cette fin de bouquin est une des fins les plus intelligentes et les plus justes que j’aie jamais lues.
  L’écrivain moderne n’est plus une statue avec son nom gravé dans la pierre mais un anonyme au visage fugitif et mystérieux. Encore une fois, je ne saurais qu’approuver ce changement. C’est important de garder les statues des grands hommes passés néanmoins : c’est un peu comme les palais, c’est beau de les visiter, de les voir, c’est la trace d’une grandeur passée. Mais notre époque n’est plus celle de la construction de palais, ni de statues. C’est l’époque de l’humain dans sa condition la plus fragile, fragmentaire, et de la même beaucoup plus fidèle. Est-ce à dire que pour autant on doit oublier toute idée de mise en valeur ? Ce n’est pas parce que l’écrivain doit rester anonyme que son œuvre, elle, le doit. 

  Il faut trouver une manière de partager la culture plus équitablement : ce n’est pas parce que tout le monde a accès aux livres que tout le monde a accès à la culture, loin de là. La grande erreur de la démocratisation des livres (désolée pour les formules un peu trop ampoulées, j’aimerais pouvoir m’en passer), bref la grande erreur de cette distribution plus large des livres, c’est de croire que le lecteur lambda isolé et sans formation littéraire particulière (par les études OU par l’habitude de lire des choses variées) peut se cultiver. Ce lecteur, au contraire, est la proie idéale des romans de gare. Tout le monde a accès à la cheap literature et aux grands panneaux d’affichage, ça c’est sûr. Lorsqu'il s’agit de déterminer ce qui se fait de vraiment bon, voire de magnifique, en revanche, on a intérêt à être rôdé. Ou a connaître du monde dans les Grandes Ecoles, dans les maisons d’édition, dans les sociétés littéraires… et encore. 

   Alors c’est aussi pour ça que je suis venue sur la blogosphère.
  Parce que j’en ai assez de demander conseil à mes professeurs pour mes lectures. Ils m’ont toujours donné de très bons conseils et je leur en suis on ne peut plus reconnaissante. Mais j’évolue dans un système hyper-académique et élitiste depuis des années, et au bout d’un moment, si on ne lit que ce qui est lu par les gens qui ont des titres d’excellence et dont le jugement est reconnu selon des critères professionnels, je crois qu’on passe à côté de quelque chose de primordial. Le tout, c’est de trouver un équilibre entre académisme et aventure dans ses choix. Certes ça fait partie du boulot des profs d’essayer de dénicher les nouveautés peu connues, et ils peuvent en conseiller. Mais combien d’écrivains aujourd'hui considérés parmi les plus « classiques » ont été ignorés par les « spécialistes littéraires » de leur temps ? Combien d’écrivains qu’on étudie aujourd'hui du collège à l’agrég ont été méprisés par les érudits de leur temps ?
  D'accord, un bon érudit est quelqu'un qui ne passe pas à côté d’un chef-d’œuvre. Et le respect que j’ai pour mes professeurs fait que j’ai confiance en leur jugement. Mais tout de même, ce serait trop bête s’il fallait nécessairement être agrégé ès Lettres pour avoir un bon jugement littéraire (d’ailleurs, ce que ça veut dire, un bon jugement littéraire…)

  J’ai envie de cesser d’avoir constamment un crayon à la main pour prendre des notes quand je lis un bouquin. J’ai envie de prendre une distance de sécurité avec l’académisme, précisément car je serai moi-même agrégée de littérature et que je ferai une thèse et que je serai dans le milieu universitaire toute ma vie. Tout bon professeur, je pense, est un professeur qui n’écoute pas que l’avis des autres professeurs. Je ne veux pas devenir un cliché de snobisme et d’élitisme. Et en même temps, je voudrais que la junk-lit occupe moins de place dans les librairies (mais ça, ce n’est pas prêt d’arriver…)

  Alors j’espère que la blogosphère sera le lieu de cette découverte.
  Parce qu’en fin de compte c’est peut-être ça, aussi, l’avant-garde. Se détacher des institutions et aller du côté des anonymes qui construisent doucement, sans qu’on s’en aperçoive, ce qui demain sera reconnu comme la beauté.

Alacris

mardi 14 mai 2013

Chronique de Le Songe d'une nuit d'été, Shakespeare


Résumé aussi cohérent et anti-spoilers que possible :

  Le Songe d'une nuit d'été se déroule sur plusieurs plans : dans la Grèce antique, deux jeunes gens, Lysandre et Demetrius, sont épris d'Hermia. Cette dernière aime Lysandre, mais son père, Egée, préfère Demetrius tout autre mariage. Il amène donc sa fille devant le roi, Thésée, pour faire valoir le droit du père sur ses enfants. Si Hermia n'épouse pas Demetrius, elle a le choix entre le couvent et la mort. Parallèlement, Helena, amie d'Hermia, est amoureuse de Demetrius, qui l'a autrefois courtisée mais qui l'a oubliée au profit d'Hermia, et la rejette. Un soir, Hermia et Lysandre s'enfuient par les bois pour aller se marier dans une autre cité. Mais Helena, dans le secret, prévient Demetrius afin d'avoir ses faveurs. S'en suit un cache-cache impromptu dans les bois.
  Cependant, le bois est le lieu de vie d'Obéron et de Titania, respectivement roi et reine des fées. Ces dernières se mêlent des amours des quatre jeunes gens, et essaient d'arranger les choses avec des philtres d'amour, mais sèment plutôt la pagaille...
  Toujours en même temps, une bande de travailleurs manuels décide de monter une pièce de théâtre tragique pour le mariage du roi Thésée et d'Hippolyta, reine des Amazones. Ils répètent leur pièce grandiloquente aux allures bouffonnes dans les bois, et le plus rustre d'entre tous, Nick Bottom, va se retrouver la proie des plaisanteries des fées... que de péripéties, mélanges et quiproquos en perspective !


Comme vous pouvez le voir, j'ai eu un peu de mal à résumer ce livre (impossible de trouver un bon ready-made). C'est qu'il présente une structure complexe, différente des autres pièces de Shakespeare que j'ai lues (Hamlet, King Lear, Othello, Macbeth, Romeo and Juliet, et The taming of the shrew). En effet on suit quatre plans différents :
- Les préparations au mariage d'Hippolyta et de Thésée
- Les répétitions de la bande de rustres pour la tragédie qu'ils vont jouer à la fin
- Les péripéties avec le quatuor amoureux Lysandre-Hermia / Demetrius-Helena
- Les querelles entre le roi et la reine des fées, Obéron et Titania, et leurs instigations pour se mêler des amours des jeunes gens

  Par conséquent, peu de personnages sont développés, contrairement à d'habitude avec les pièces de Shakespeare. Il n'y a que deux véritables monologues : un d'Helena (figure de l'amour sans retour) et un de Puck (fée mâle au service d'Obéron, très fripon et malicieux), et il ne font à peu près qu'une page chacun. On est donc loin du monologue de Hamlet.

Titania et Bottom, Henry Fuseli

  En raison de cela, l'accent est porté sur le méli-mélo d'histoires et la succession permanente de situations plus loufoques les unes que les autres. Personne ne meurt à la fin, il n'y a pas de tragique à proprement parler. je n'irais pas jusqu'à dire que c'est une pièce comique par opposition à d'autres pièces plus tragique, car nos amis les Anglais n'ont pas la même manière de faire les choses que nous les Français : on n'a pas les comédies et les tragédies séparées par une ligne bien droite, c'est toujours un mélange des deux. L'un des passages les plus drôles d'Hamlet, c'est Hamlet au cimetière ! Et A Midsummer Night's Dream a ses moments pseudo-tragiques également, avec le ton élégiaque d'Helena, par exemple (et puis il y a bien une menace de mort qui pèse sur Hermia !).


Le Sommeil de Titania, Richard Dadd
  Avant de lire cette pièce, l'image que j'en avais était celle d'un grand carnaval : les fées, leurs tours de passe-passe... cette image a été confirmée par la lecture, mais l'histoire porte également beaucoup sur le quatuor amoureux qui, lui, m'a un peu ennuyée. Mais même si c'est lui qui prend le plus de place dans la pièce (quoique, le cinquième acte dans sa quasi-intégralité est réservé à la représentation grotesque des rustres), à mon sens, ce quatuor est ce qu'il y a de moins important dedans ; c'était juste un prétexte pour faire passer la pièce, et faire en sorte que tout le monde soit diverti (n'oublions pas que le théâtre de Shakespeare était avant tout destiné au peuple, contrairement au théâtre de nos Corneille et Racine qui était destiné à la Cour). Il y a beaucoup de passages savoureux, comme Titania qui s'éveille et qui tombe amoureuse de la première chose qu'elle voit à cause du philtre préparé par Obéron pour se venger d'une faveur qu'elle lui a déniée... or la première chose qu'elle voit n'est autre que Nick Bottom (le plus idiot et orgueilleux de la bande de rustres), avec une tête d'âne que Puck a placée sur lui ! Fous rires garantis.

Je connaissais aussi beaucoup Le Songe d'une Nuit d'été par les tableaux que j'en ai vu dans les musées... j'en profite donc pour vous mettre ici mes deux tableaux préférés de cette pièce, dont Titania et Bottom de Henry Fuseli que j'ai eu le plaisir de voir au Tate à Londres (le Tate classic, pas le modern), et Le Sommeil de Titania de Richard Dadd qui est avec les peintures anglaises au Louvre. Enjoy !

J'en profite également pour dire aux anglicistes (déclarés ou non) que j'ai lu cette pièce en édition bilingue, et qu'en fin de compte j'ai à peine jeté un oeil aux pages en français ! L'anglais est très accessible, à condition de s'être déjà un peu familiarisé avec Shakespeare. Contrairement à ce que voudraient nous faire croire tous ceux qui veulent nous ôter le plaisir de le lire en langue originale... Cheers.

dimanche 12 mai 2013

Cloud Atlas : "Our lives are not our own"

Mon affiche favorite de Cloud Atlas

  Après longuement en avoir entendu parler de tous les côtés, de façon positive comme négative, j'ai fini par regarder Cloud Atlas. Je l'aurais regardé quoi qu'il arrive, car la bande-annonce et quelques extraits m'avaient intrigué et j'adore Tom Hanks, Hugo Weaving, Ben Whishaw, et Hugh Grant. Et puis j'aime bien Susan Sarandon et Halle Berry. Bref, comme vous pouvez le constater : une brochette d'acteurs plutôt sympathique, un univers fascinant, des effets spéciaux magnifiques : que demander de plus ?

"What is an ocean, but a multitude of drops ?"

  Comme vous le savez peut-être, ce film se structure en plusieurs aventures.
  Ces aventures prennent place à des époques différentes, avec des personnages différents ; mais les mêmes thèmes reviennent (notamment le combat de la liberté contre l'oppression et l'asservissement), ce sont bien souvent les mêmes acteurs qui incarnent des personnages différents, nous indiquant qu'il y a bien un lien entre ces époques : partout, c'est le même modèle, la même histoire. Simplement, les détails de l'histoire changent en fonction des contingences historiques etc. Les actions passées déterminent les actions du présent, qui à leur tour déterminent les actions futures... c'est un cycle infini, et il reste un petit espace d'action personnelle où la liberté peut s'exprimer.

  L'une de mes aventures préférées est celle de Sonmi-451. C'est, pourrait-on dire, l'aventure principale du film, avec celle où Halle Berry et Tom Hanks se situent dans un futur lointain où quasiment toutes les formes de technologie ont disparu car la civilisation s'est auto-détruite et l'homme est revenu à l'état de nature (je n'ai pas adoré cette aventure-là d'ailleurs).
Sonmi-451
L'histoire de Sonmi se déroule ainsi : on est en 2144, en Corée du Sud, et Sonmi-451 est un clone dont la vie est réglée à la minute près. Les humains ont contrôle sur les clones et peuvent les créer à leur guise. Mais Sonmi-451 découvre certains secrets par hasard et se fait secourir par une organisation secrète dont elle devient le symbole. Elle est également celle qui représente le mieux le combat pour la liberté et a quelques airs de Leeloo du 5e élément


Robert Frobisher joué par Ben Whishaw
  Un autre personnage que j'adore, peut-être mon préféré de tout le film, est celui de Robert Frobisher. Son histoire se déroule dans les années 1930 en Angleterre ; homosexuel et ancien prostitué (gigolo ? je ne sais jamais comment on le dit pour un homme), il quitte son amant pour aller travailler chez un compositeur sur le déclin. Jeune compositeur en herbe lui-même, il profitera de cette collaboration et en viendra à écrire sa propre symphonie, le fameux Cloud Atlas, ou Cartographie des nuages. D'un bout à l'autre du film, les autres personnages entendent cette mélodie et y sont extraordinairement sensibles ; elle est peut-être le lien le plus important entre tous les personnages de l'histoire. Il est dommage que la musique n'ait pas été un peu plus exploitée dans le film cependant... la bande-son est très belle et il y a des passages où les personnages des autres époques sont interpellés par la musique, mais en trois heures de film, ces passages sont presque isolés. Le revers des films très longs, malheureusement, même si pour ma part je ne me suis pas ennuyée une seule seconde : la première heure on se demande un peu où ça va, forcément, mais en fin de compte quand le film finit, on a envie qu'il continue pour toujours... j'ai trouvé les personnages attachants, surtout Robert Frobisher, contrairement à ce que d'autres gens ont pu dire : que Cloud Atlas était très beau esthétiquement parlant, mais qu'il n'y avait pas assez d'émotion, ou qu'elle était noyée sous les effets spéciaux. C'est à des lieues de mon impression, même si je peux comprendre ce point de vue.



Halle Berry dans le rôle de Luisa Rey,
une de mes aventures favorites également
.
Niveau effets spéciaux puisqu'on en parle, ils sont vraiment géniaux.
Et la qualité de l'image est juste superbe... ça au moins, qu'on aime ou qu'on aime pas, on ne peut pas nier qu'esthétiquement parlant, c'est un chef-d'oeuvre.


Old Georgie, un personnage très inquiétant, sorte d'hallucination satanique
qui poursuit Zachry - un peu à la manière du diable dans Faust.
  L'argument principal des gens contre ce film c'est : on n'y comprend rien.
  Eh bien c'est faux.
  On m'avait tellement dit de m'accrocher quand je regarderais le film, que c'était ultra dur à ordonner, que c'était le chaos, et j'en passe, que je m'attendais à être complètement perdue. Or, même si c'est vrai que pendant la première demi-heure, voire éventuellement pendant une heure on se demande où ça va, qui est qui, etc., d'une part on le comprend bien assez tôt, et d'autre part ça n'empêche pas de prendre son pied. Il y a des films où on n'a pas besoin de tout connaître et tout comprendre pour les apprécier. En tant que spectateur, il faut aussi accepter de n'être pas un maître tout-puissant, mais de se laisser aller dans le labyrinthe d'un film.

  En fin de compte il n'y a rien de plus à comprendre que ce qui est sous nos yeux. On se laisse porter, on suit les images, on profite, on est ému, et puis point barre. Il faut arrêter de regarder un film comme on joue aux mots-fléchés : certes il y a des énigmes et des indices pour les résoudre, mais la contemplation fait aussi partie des atouts principaux du film. Je pense que les quelques critiques mitigées qu'il a reçues viennent surtout du fait que trop de gens sont allés le voir comme si s'était agi d'un blockbuster, parce que la bande-annonce le présentait un peu comme un film d'action (audience oblige), et qu'il y avait des acteurs célèbres.


Les aventures de Timothy Cavendish
Les aventures de Timothy Cavendish, qui se retrouve dans une pension tyrannique pour personnes âgées et tente de s'en enfuir, est tout simplement hilarante. A nouveau, le lien avec les histoires précédentes : le manoir de la pension tyrannique n'est autre que... l'ancienne propriété du compositeur avare et avide de gloire chez qui Robert Frobisher va travailler, et qui tente de s'accaparer la gloire du Cloud Atlas. Comme quoi, il y en a pour tous les goûts !


Hugo Weaving incarrnant différents rôles dans Cloud Atlas

Et enfin, j'ai adoré le fait que les acteurs jouent parfois jusqu'à 5 rôles différents, dans les différentes époques où les histoires prennent place. Le couple Jim Sturgess / Doona Bae et celui de Halle Berry / Tom Hanks se retrouvent un peu partout, éparpillés au gré des histoires. Au générique de fin, on voit tous les personnages que les acteurs incarnent, c'est assez impressionnant ! Je n'avais absolument pas reconnu Hugh Grant en chef des sauvages. Et puis Hugo Weaving, à chaque fois, c'est le grand méchant... vous pouvez en voir quelques exemples sur l'image à côté, même s'il joue plus de rôles différents que ça.



Pour finir, je ne peux pas résister à la tentation de vous mettre un échantillon d'affiches promotionnelles pour le film, je les trouve tellement belles :

Sonmi-451 et Hae-Joo Chang
L'univers de la Corpocratie et l'Union Rebelle
Zachry, Luisa Rey, Sonmi-451...
Robert Frobisher et Rufus Sixsmith (derrière le balcon).
La scène dont est issue cette photo est une de mes préférées,
 elle est vraiment magnifique.


Sonmi-451
Voilà voilà ! Conclusion : regardez-le si ce n'est pas encore fait !
Mon article est peut-être un peu trop long, mais je tenais à traiter le sujet en profondeur, car même si ce n'est pas un de mes films préférés, ça me tenait à coeur car selon moi, trop de gens l'ont mal interprété (même si les critiques restent bonnes). A l'avenir je ferai des chroniques de films plus succinctes, et sans doute avec plusieurs films dans un article ^_^

Cheers ! Alacris

mercredi 8 mai 2013

Bookshelf Scavenger Hunt !


J'ai été taguée par Alicia pour faire le Bookshelf Scavenger Hunt ! Je reprendrai donc ici ses questions : il s'agit de trouver, dans sa bibliothèque, des couvertures qui correspondent aux questions posées. En tout cas, je vous invite à aller voir l'article d'Alicia ici. A moi de jouer, maintenant...


1) Trouvez un livre avec un Z dans le titre ou bien écrit par un auteur dont le nom comporte un Z







Je n'ai eu qu'à choisir un livre parmi mes Zola, facile !

















2) Trouvez un classique

Alors là, je n'ai eu que l'embarras du choix ! Mais l'un des livres les plus classiques qu'on puisse trouver, je pense que c'est tout de même Les Misérables de Victor Hugo (si on devait retenir les 5 classiques les plus célèbres de la littérature française, il serait sans nul doute dans la liste). Vous remarquerez Le Comte de Monte-Cristo d'Alexandre Dumas à côté...










3) Trouvez un livre avec une clé sur la couverture


Difficile ! J'ai fini par tricher.
Je n'en ai vraiment pas trouvé avec une clé, mais si vous regardez bien, sous le bras de Marie (le nom de l'héroïne du Jardin secret), vous pouvez voir une serrure, et quand on connaît l'histoire, on sait qu'il y a une clé dedans... en effet, toute l'histoire tourne autour de la clé qui permet d'ouvrir le fameux jardin secret. Donc par métonymie, comme il y a la serrure sur la couverture, on va dire que ça marche !








4) Trouvez un objet sur vos étagères qui ne soit pas un livre





Pour une fois, j'ai voulu vous épargner ma collection de chouettes et de hiboux... 
Donc voici un chat, au milieu des Balzac, des Zola, et des Maupassant. 









5) Trouvez le livre le plus ancien de votre bibliothèque






La Petite Fadette de George Sand ! Pas un de mes romans préférés, loin de là, mais je l'ai trouvé un jour sur le stand d'une brocante et j'ai trouvé l'édition si belle que je l'ai acheté ! Et vous verrez avec l'image d'en-dessous que cette édition date de 1935...










(intérieur du livre, preuve de son ancienneté !)






6) Trouvez un livre avec une fille sur la couverture


J'ai choisi Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur de Harper Lee, un livre génial. C'est l'héroïne, Scout, qui apparaît en couverture, aussi bien dans la version française que la version américaine (je n'ai pas pu résister à l'idée de vous mettre celle avec la balançoire, je la trouve tellement belle...)

7) Trouvez un roman avec un animal dans l’histoire




Et deux pour le prix d'un ! En tout cas sur la couverture. Je ne sais pas si on peut considérer les daemons de la trilogie A la croisée des mondes comme des animaux (le tigre sur la couverture, vous l'aurez reconnu, ce n'est autre que Pantalaimon, le fidèle daemon de Lyra !), mais en tout cas le chat que tient Will n'est qu'un chat ordinaire, donc ça marche.






8) Trouvez un livre avec un héros masculin





"Chat" dans la série Les mondes de Chrestomanci. J'avais adoré ce tome, et ça fait très longtemps que je n'ai pas lu ce livre mais j'en garde un excellent souvenir.











9) Trouvez un livre avec seulement des mots sur la couverture (sans illustration)







La Chute d'Albert Camus, aux éditions NRF Gallimard (assez facile, tous les bouquins dans cette collection se présentent ainsi)










10) Trouvez un livre avec des illustrations à l’intérieur


Les illustrations de, vous l'aurez tous reconnu...







Alice au Pays des Merveilles !

J'ai récemment fait l'acquisition de cette édition, que je trouve très belle, même s'il est rare de trouver une édition d'Alice sans les illustrations cultes de John Tenniel. Bref, je la trouve très jolie, y compris la couverture !








11) Trouvez une couverture avec des lettres dorées





Toute la saga des Harry Potter !

J'en profite pour vous mettre mon préféré...











12) Trouvez un journal intime (fiction ou non-fiction)


Deux journaux intimes qui racontent une histoire vraie : celui d'Anne Frank et celui d'une de ses amies qui est également allée dans les camps mais qui en est revenue et a écrit ce témoignage...

13) Trouvez un livre écrit par un auteur dont le nom est très répandu (Smith, Martin etc..)

Pas trouvé ! Je m'avoue vaincue là-dessus...

14) Trouvez une couverture avec un gros plan sur un élément






Cette édition des Pensées de Pascal avec un gros plan sur une bougie reflétée dans un miroir (métaphysiquement parlant, ça laisse rêveur, n'est-ce pas ?)










15) Trouvez un livre dont l’histoire se déroule dans un passé lointain au notre




Un des premiers livres jamais écrits dans la culture occidentale (d'ailleurs, il me semble qu'il n'a pas été écrit au temps d'Homère mais des siècles après, et que les chants qui composent l'Illiade se transmettaient de façon orale, d'aède en aède...). Et puis forcément, ça se déroule près de 3000 ans avant nous.









16) Trouvez un hardcover sans jaquette




Cette magnifique édition des Contes de Beedle le Barde, que j'adore, et sur laquelle je me suis jetée chez Gibert Langues quand elle est sortie !










17) Trouvez une couverture dans les tons bleu/turquoise




Ce livre, que j'ai gagné à un concours de nouvelles et que je n'ai jamais lu... on ne m'en a pas dit de bien et le résumé ne m'intrigue guère, alors ça reste dans un coin. Je vais peut-être le revendre.












18) Trouvez une couverture avec des étoiles





Plus dur que ce que je croyais ! Mais j'ai fini par retrouver le premier tome d'A la croisée des mondes, Les royaumes du Nord... c'est la deuxième fois que je cite un tome d'A la croisée des mondes dans cet article, mais on va dire que c'est permis.








19) Trouvez un livre qui n’est pas de la littérature jeunesse (YA)



Et on finit donc avec... le Lagarde et Michard sur la littérature française du XIXe siècle (je les ai tous, sauf que XVIe siècle). C'est une collection d'anthologies de textes par auteur, de notices biographiques et de clés de lecture de leurs oeuvres ; cette collection a été éditée il y a maintenant 50 ans (dans ces eaux-là) et elle est un peu surannée à quelques égards (notamment au niveau de la censure par rapport à des textes jugés choquants, par exemple il n'y a qu'une page consacrée à Choderlos de Laclos dans le livre du XVIIIe siècle), mais elle n'en reste pas moins très pratique et éclairante.





Bon, comme Alicia a déjà tagué Matilda et Jamestine, je vais taguer Grazyel, et si jamais des demoiselles qui passent parfois par ici comme Luthien ou Méloë sont intéressées, qu'elles se considèrent taguées et n'hésitent pas à le faire ! ;D

lundi 6 mai 2013

Révisions, Cathédrale de Reims, et photos...

  Les beaux jours arrivent et c'est déjà le temps... des partiels. Dès la semaine prochaine pour moi, et ça s'étale sur deux semaines (autrement dit, d'ici trois semaines, c'en sera fini ! Bon j'aurai encore quelques cours à l'ENS mais il y a aura un parfum de vacances dans l'air...).

  Du coup, pendant mes douces révisions, je feuillette notamment le livre que vous pouvez admirer sur la gauche ==> Modern American Culture, une petite merveille que j'ai trouvé en librairie au début de l'année avant de m'acheter Liberty, Equality, Power (l'ami fidèle de tout angliciste qui étudie la civi américaine). Bref, Modern American Culture est un ouvrage très agréable à lire : des chapitres thématiques (African Americans, Women and their emancipation, Queer America, The Vietnam War...) d'une trentaine de pages chacun, bien problématisés et bien informés. Evidemment ça ne traite que le XXe siècle, mais ça n'en reste pas moins très intéressant pour comprendre le statut actuel des Etats-Unis, et l'introduction "What, then, is the American ?", qui souligne tous les paradoxes inhérents à la culture américaine, est est assez bluffante. 13€ en librairie si mes souvenirs sont bons : ça vaut le coup.


  Par ailleurs je suis allée à Reims chez Grazyel le week-end dernier, et j'ai eu la chance de voir le spectacle des 800 ans de la Cathédrale de Reims (800 ans en 2011 exactement), que j'avais loupé les années précédentes car j'y étais allée en Avril et le spectacle commence chaque année au 1er Mai. Eh bien, ça vaut le coup d'oeil ! Un spectacle de 20 minutes avec des projecteurs qui montrent les états antérieurs de la cathédrale, sa construction, et ensuite il y a toute une série de filtres qui sont projetés sur la cathédrale, dans des ambiances parfois surréalistes puis cubistes puis impressionnistes... tout un festin de couleurs ! En voici quelques images :



L'image n°1 représente la Cathédrale telle qu'elle était peinte au moment où elle était tout neuve et recouverte de couleurs. Fou, non ? La projection était très bien faite ; on est allé voir ça de plus près et seuls quelques minuscules détails étaient pixellisés. Autrement, on aurait cru qu'elle était bien aussi, resplendissante sous nos yeux !



Et puis Grazyel et moi aimons bien la photo, alors dès qu'il y a eu quelques rayons de soleil... on s'est jeté sur le reflex. Un petit échantillon de notre séance sur la gauche (je ne savais pas si Grazyel adorerait voir son visage en gros plan alors je n'ai mis qu'une photo de loin d'elle et de moi, le reste je vous laisse déduire qui c'est pour ceux qui ne m'ont pas sur Facebook et ne peuvent pas tricher...)

(Et il faudrait que je pense à alimenter mon compte DeviantArt, ça fait plus de deux ans que je n'ai rien publié de nouveau dessus... je vous mettrai un lien dès qu'il sera plus présentable)

A bientôt,
Alacris